Pourquoi la volonté ne suffit pas toujours à changer ?

Femme face à deux chemins symbolisant le conflit entre décision consciente, volonté et automatismesVous avez pris LA décision. Une vraie décision, réfléchie, sincère : arrêter de fumer, perdre ces kilos qui vous pèsent depuis trop longtemps, vous remettre enfin au sport... 

Vous avez tenu bon quelques jours, parfois quelques semaines. Puis, un soir de fatigue, de stress ou simplement d'ennui, tout s'est effondré. Et avec la rechute est arrivée cette petite phrase que vous connaissez sans doute par cœur :

Je n'ai vraiment pas assez de volonté.

Cette phrase, je l'entends dans mon cabinet depuis des années. Et à chaque fois, elle me semble injuste. Pas parce que la volonté ne compte pas, mais parce qu'on lui demande, seule, d'accomplir un travail pour lequel elle n'a jamais été conçue. Un peu comme confier les clés de l'entreprise à un stagiaire arrivé le matin même, sans les codes d'accès, ni l'organigramme et un plan d'action.

Quand on sait… mais qu'on ne fait pas

Vous connaissez cette situation. Vous prenez une décision en vous disant que, cette fois, c'est la bonne. Vous êtes motivé, déterminé, parfois même euphorique.

« À partir de lundi, c'est décidé, je m'y mets vraiment. »

Pendant quelques jours, tout fonctionne. Puis arrive une journée difficile — une contrariété, une émotion, de la fatigue, une soirée entre amis. Et pouf ! Aux oubliettes, les nouvelles habitudes. Elles disparaissent comme si elles n'avaient jamais existé, avec en prime la culpabilité et son fidèle acolyte : « J'aurais dû être plus fort. Je suis trop nulle.»

Alors vous retournez dans la spirale qui vous fait croire qu'elle seule peut vous aider : plus de contrôle, plus de discipline, plus de volonté.

… Jusqu'au prochain craquage.

Alors, où est vraiment le problème ?

Imaginez deux personnes qui tirent sur la même corde. D'un côté, celle qui dit : « Je veux arrêter. » De l'autre : « Mais j'en ai besoin. »

La première est consciente. Elle connaît les conséquences, les risques, les bonnes raisons de changer. C'est elle qui décide, qui planifie, qui tient bon quand elle a l'énergie et l'attention pour le faire.

C'est exactement ce que demande la volonté : un effort conscient, à chaque instant.

L'autre partie, elle, ne raisonne pas de cette façon. Elle fonctionne aux automatismes : les mêmes qui vous permettent de conduire sans réfléchir à chaque geste, ou de vous brosser les dents sans vous motiver chaque matin.
Sauf que ces automatismes ne font pas le tri entre vos bonnes et vos mauvaises habitudes. Ils ont simplement appris, à force de répétition, que :
Infographie illustrant le lien entre stress, cigarette, tristesse, nourriture, fatigue, canapé et les mécanismes de soulagement ou de réconfort associés.

Votre cerveau, à ce moment-là, ne cherche pas à vous saboter. Il reproduit une stratégie qu'il a appris à considérer comme utile. Et c'est une différence fondamentale : vous n'êtes pas forcément en train de lutter contre votre volonté. Vous êtes en train de lutter contre un apprentissage.

Pourquoi se dire « il faut que j'arrête » ne suffit pas toujours

Prenons l'exemple du tabac

Vous savez que fumer est mauvais pour votre santé. Vous savez que vous aimeriez arrêter. Vous savez même que vous serez fier de vous le jour où vous y arriverez.

Femme prenant une pause avec une cigarette, illustrant le lien entre tabac, stress et besoin de soufflerMais si, dans votre expérience, la cigarette représente aussi :
𖥔 un
e pause,
𖥔 un moment pour souffler,
𖥔 une récompense,
𖥔 une façon de gérer le stress,
𖥔 un moment de solitude,
𖥔 un rituel,
𖥔 un moyen de vous recentrer,

Alors arrêter ne consiste pas seulement à supprimer la nicotine. Il faut aussi comprendre ce que la cigarette représente pour vous.

C'est précisément pour cela que certaines personnes peuvent être parfaitement conscientes des dangers du tabac et continuer malgré tout.

Ce n'est pas un manque d'intelligence, ni de motivation, et encore moins de volonté.
Le comportement répond à autre chose.

Et pour le poids ?

Le mécanisme est souvent le même.

Vous savez parfaitement que vous aimeriez perdre du poids. Vous connaissez les principes d'une alimentation équilibrée, vous avez téléchargé l'application, acheté les légumes, préparé les menus, juré que cette fois serait la bonne. Mais une émotion difficile survient, et vous mangez pour gérer le stress, la solitude, le besoin de réconfort.

Puis la culpabilité arrive, avec son lot habituel :
« Je suis nulle. »
« Je n'ai aucune volonté. »
« Je gâche toujours tout. »
« De toute façon, je suis incapable. »
...

Alors vous décidez de reprendre le contrôle. Et le cycle recommence.

Pourquoi ?
Parce que la nourriture apporte autre chose que des calories. 
𖥔
Du réconfort. Une récompense,
𖥔 Une pause,
𖥔 Une sensation de sécurité,
𖥔 Une coupure avec les émotions,
...

Supprimer le comportement sans comprendre sa fonction risque de laisser un vide. Et ce vide, vous finirez par le combler avec autre chose, pas toujours plus doux.
Votre cerveau cherche à conserver ce qu'il perçoit comme une solution.

Le piège du « il faut être plus fort »

C'est sans doute l'un des pièges les plus fréquents. Quand quelque chose ne fonctionne pas, le réflexe est de penser : « Il faut que je fasse davantage d'efforts »

Alors vous renforcez le contrôle, vous ajoutez des restrictions, des règles, des interdits, de la pression.

Mais bien souvent, plus vous luttez, plus le comportement prend de la place.

Vous connaissez sans doute ce principe : ne pensez surtout pas à un éléphant rose. Qu'est-ce qui vient immédiatement à l'esprit ? Un éléphant rose.

Éléphant rose devant une femme qui tente de détourner son regard, illustrant le paradoxe de l'attention.

Avec certains comportements, le mécanisme est le même. Plus vous vous dites « je ne dois surtout pas manger ça », plus votre attention s'y accroche.
Plus vous vous dites « il ne faut surtout pas que j'allume une cigarette », plus l'envie grandit.
Plus vous vous dites « il faut absolument que j'aille courir ce soir », plus le canapé devient soudain irrésistible.

La lutte, paradoxalement, maintient le problème au centre de votre attention.

Ce qu'Allen Carr avait déjà compris

Et si le véritable changement consistait à ne plus avoir besoin de lutter ?

J'ai lu récemment un ouvrage d'Allen Carr où il parle de cette approche. Dans ses livres consacrés aux dépendances et aux comportements dont on cherche à se libérer, il insiste sur l'importance de remettre en question les croyances qui font percevoir le comportement comme nécessaire, voire bénéfique. Son intuition, au fond, est simple : une bonne partie de la difficulté vient du sentiment de perdre quelque chose en abandonnant le comportement.

Panneau de bifurcation symbolisant le changement d'habitudes et une nouvelle direction.

Prenez la cigarette. Si vous pensez qu'elle vous détend, arrêter devient une privation. Si vous croyez que sans elle vous serez beaucoup plus stressé, arrêter devient une menace. Et avec l'idée qu'il faudra « se priver toute la vie », l'arrêt peut sembler tout simplement insurmontable.

Mais si votre perception change ? Si vous réalisiez que la cigarette ne vous apporte pas vraiment ce que vous croyez ? Si vous cessiez de la voir comme une récompense, comme quelque chose d'indispensable ? Alors la décision devient beaucoup moins conflictuelle.

Toute la différence est là, entre « je dois résister à quelque chose que je veux » et « je n'ai plus vraiment besoin de cette chose ».

Pour beaucoup de monde, ce travail de conviction suffit amplement.

La logique, bien menée, dénoue tout. Mais si vous avez déjà fait cet exercice, que vous savez très bien, en théorie, que la cigarette ne détend pas et que le sucre ne comble rien... et que le comportement revient quand même. Ce n'est pas que vous avez mal compris. C'est le signe que la croyance consciente a été démontée, mais qu'une partie plus profonde de vous continue, elle, de faire tourner le même programme.

Le vrai enjeu : parler à la bonne partie de vous-même

C'est précisément là que l'accompagnement thérapeutique prend tout son sens. En hypnose et en PNL, le travail ne consiste pas à répéter « vous devez arrêter » : ce serait porter un jugement, et ce n'est ni mon but ni mon rôle.

La vraie question est plutôt :

Femme tenant une corde dans deux directions opposées, symbolisant le conflit entre volonté et habitudes⫸ Qu'est-ce qui fait que cette habitude vous est encore utile ?

Que cherchez-vous à obtenir ?

Que cherchez-vous à éviter ?

⫸ Dans quelles situations le comportement apparaît-il ?

⫸ Quelles émotions l'accompagnent ?

⫸ Quelle croyance se cache derrière ?

⫸ Qu'est-ce que cette habitude vous permet de vivre (ou de ne pas vivre) ?

Et surtout : que pourrait faire votre cerveau à la place ?

Supprimer un comportement est une chose. Vous permettre de fonctionner autrement en est une autre.

Alors, à quoi sert réellement la volonté ?

La volonté peut être le point de départ : « Je veux que quelque chose change. » Mais elle ne suffit pas toujours à faire la transformation seule.

C'est un peu comme vouloir changer d'itinéraire en tournant le volant, pendant que le GPS continue de vous indiquer l'ancienne destination. Vous pouvez tourner, encore et encore, si le système vous ramène toujours au même endroit, vous finirez épuisé, et en panne d'essence.

Le vrai travail, c'est de modifier la destination enregistrée.

Et si vous arrêtiez de vous battre contre vous-même ?

C'est là que la question change : « Qu'est-ce qui, en moi, a encore besoin de ce comportement ? »

Cette seule question transforme la perspective. Elle remplace la culpabilité par la curiosité, la lutte par la compréhension, le jugement par l'écoute. Et parfois, cette prise de conscience suffit déjà à regarder les choses autrement.

Que ce soit face au tabac, à l'alimentation, aux compulsions, au stress ou à toute autre habitude qui vous enferme : le changement durable ne consiste pas à forcer davantage. Il commence quand vous comprenez enfin pourquoi vous faites ce que vous faites.

Petit exercice : observez avant de vouloir changer

La prochaine fois que vous vous apprêtez à reproduire une habitude que vous aimeriez changer, essayez autre chose. Ne cherchez pas tout de suite à résister. Observez.

Demandez-vous : qu'est-ce que j'espère obtenir, là, maintenant ?
Du calme ?
Du plaisir ?
Une récompense ?
Une pause ?
Du réconfort ?
De la sécurité ?
Une distraction ?

Puis demandez-vous : de quoi ai-je réellement besoin ?

Vous pourriez être surpris de découvrir que le comportement visible n'est souvent que la réponse à un besoin bien plus profond.

Vous n'êtes pas en échec

Homme épanoui qui a trouvé le chemin en se reconnectant à lui-mêmeLa volonté peut vous aider à démarrer. Mais elle ne suffit pas toujours à transformer un automatisme profondément installé parce que certains comportements ne sont pas de simples décisions. Ils sont tissés d'émotions, d'habitudes, de croyances, d'apprentissages.

C'est pourquoi arrêter de fumer, changer son rapport à la nourriture ou sortir d'une habitude qui fait souffrir ne se résume pas à « devenir plus fort ». Il s'agit surtout de comprendre ce qui vous pousse à continuer. Et quand le fonctionnement intérieur change, le comportement change avec lui.

Vous n'avez peut-être plus besoin de tirer sur la corde. Il suffit parfois de comprendre pourquoi l'autre bout tient si fort et, souvent, il finit par se détendre de lui-même.

C'est souvent là que commence le vrai changement.

Si vous avez déjà tout essayé : les applications, les défis de 21 jours, les listes de bonnes résolutions du 1er janvier... et que rien n'a tenu dans la durée, ce n'est pas la preuve que vous manquez de « volonté ». C'est peut-être simplement la preuve que vous avez, jusqu'ici, frappé à la bonne porte avec le mauvais outil.

La première étape n'est pas de trouver plus de volonté.
C'est de comprendre, enfin, ce que vous essayez de faire taire depuis si longtemps.

Je reçois en cabinet à Cagnes-sur-Mer et en visioconsultation partout en France pour l'arrêt du tabac, la gestion du poids ou tout changement de comportement qui vous semble aujourd'hui hors de portée.

Si l'arrêt du tabac vous concerne, j'y consacre une page dédiée où je détaille mon approche ainsi que pour la perte de poids.

Pour tout le reste : le sport qu'on n'arrive pas à tenir, le sucre, le stress qui prend toute la place... parlons-en simplement, sans promesse toute faite. 👇

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